affaire boulin

COLONEL JEAN PEPIN : « ROBERT BOULIN ETAIT DEJA MORT AVANT QUE SON CORPS NE SOIT DANS L’ETANG »

 

Le colonel de gendarmerie Jean Pépin, aujourd’hui décédé, est l’un des premiers à se rendre sur place, à l’étang Rompu, où le corps de Robert Boulin a été retrouvé. Il effectue les premières constatations… avant d’être très rapidement dessaisi de l’enquête. Nous l’avions rencontré en 2003. Il confirme qu’il n’y avait aucun obstacle à la sortie de l’eau qui aurait pu expliquer les blessures de Robert Boulin. « Je pense qu’on avait mis le cadavre dans cet étang » , explique le gendarme, qui pense tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un suicide, au vu des premières constatations et « des traces de pas allant puis repartant de l’étang. » « Je crois que vous avez intérêt à ne pas continuer cette enquête » , lui dit alors le Procureur général, Louis-Bruno Chalret.

Ecoutez le témoignage en longueur du colonel Jean Pépin qui a sorti le corps de Robert Boulin de l’eau avec les pompiers. (8’43″)

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témoignage inédit

PIERRE ALLIA : « MON ONCLE, « INDIC » POUR LA POLICE, A ASSISTE A L’ASSASSINAT DE ROBERT BOULIN »


 

Ancien policier à la Préfecture de police de Paris de 1979 à 1989, au grade de sous-brigadier, garde du corps puis gérant d’une société de sécurité en Vendée (« SCL Sécurité Côte de Lumière »), Pierre Allia sort aujourd’hui du silence.

Cet homme élevé par l’aumônier du régiment du général de Gaulle, Jean Courtois, conseiller national UMP de la 3ème circonscription de Vendée, affirme que son oncle, Fouad Allia, surnommé à l’époque « Michel le libanais », travaillait dans les années 1970 comme indicateur pour les services de police, chargé notamment d’infiltrer le milieu des truands et de la drogue.

Selon Pierre Allia, c’est lors de l’une de ses missions d’infiltration que son oncle aurait été le témoin de la mort de Robert Boulin, dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979.

Un an plus tard, en novembre 1980, « Michel le libanais » meurt dans une fusillade, avenue Trudaine, à Paris, avec l’un de ses deux adjoints, Marcel Ben Nacer. , « Une exécution » , estime Pierre Allia, qui explique que son oncle « craignait pour sa vie », notamment à cause de ce qu’il savait du dossier Boulin.

>> Regardez son témoignage.

Pierre Allia brosse d’abord le portrait de son oncle, Fouad Allia dit « Michel le libanais », indicateur au service de la police, ayant ses entrées auprès des grands truands, mais aussi du monde du spectacle. [Pierre Allia fait à un moment allusion à l’affaire Christina von Opel : il s’agit de l’héritière du constructeur automobile allemand, condamnée à 10 ans de prison pour trafic de drogue, le 16 novembre 1979.

Pierre Allia (2’19″)

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img23465Pierre Allia explique dans quelles conditions son oncle aurait été mêlé à l’affaire Boulin et comment, un an plus tard, alors qu’il se sentait menacé, il a été tué lors d’une fusillade dans un restaurant parisien.

Pierre Allia (3’08″)

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>> Voir l’article du Parisien libéré du 12 novembre 1980.

La mort de Fouad Allia dit « Michel le libanais » est présentée comme un « règlement de comptes dont les mobiles seront difficiles à établir »

Pour preuve que son oncle a bien travaillé « en sous-marin » pour la police, Pierre Allia explique que son oncle était affilié à la Mutuelle de la police, comme il a pu le constater au moment de son décès.

Pierre Allia, ancien policier, garde du corps puis gérant d’une société de sécurité. (1’02″)

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Pierre Allia se dit aujourd’hui prêt à témoigner devant la justice.



Pierre Allia a été élevé par un père dominicain, le père Jean Courtois, proche des milieux gaullistes et judiciaires. Ecoutez son témoignage.

Pierre Allia (1’28″)

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Pierre Allia demande depuis plusieurs années sa réintégration, pour l’instant en vain, dans la police nationale. Il a engagé une procédure devant le Tribunal administratif de Nantes et devant la Cour européenne des droits de l’Homme.



« Il y avait une perméabilité entre la politique et la voyoucratie »


Le profil et l’action souterraine de « Michel le libanais » est confirmé par Lucien Aimé Blanc, ancien commissaire adjoint à la Brigade Mondaine, puis à la BRI (Brigade de répression et d’intervention), l’antigang, de 1966 à 1972, avant de devenir le patron de l’OCRB (Office central de répression du banditisme). Il a participé notamment à la traque de Mesrine et au démantèlement de la « French connection ».

Lucien Aimé-Blanc détaille le rôle d’ « indic » joué dans les années 1970 par « Michel le libanais » avec la plupart des services de police : « Brigade mondaine », « BRB » (Brigade de répression du banditisme), « OCRB »… « C’était un personnage très malin, doué, qui s’introduisait dans tous les milieux », explique l’ex-grand flic qui dit avoir, à un moment, coupé les relations entre « Michel le libanais » et son service, justement car « il travaillait avec tout le monde » . Il raconte sa dernière rencontre avec « Michel de libanais », peu de temps avant sa mort.

Pour Lucien Aimé-Blanc, la mort de « Michel le libanais » a « certainement été instrumentalisé soit par un service de police, soit par un service de barbouze. Il gênait beaucoup de monde. » « Cela ne m’étonnerait pas qu’il soit intervenu dans l’affaire Boulin », conclut l’ancien policier.

Lucien Aimé-Blanc (3’08″)

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L’ETRANGE EQUIPEE NOCTURNE DU PROCUREUR CHALRET AUPRES DU CORPS DE BOULIN


En avril 2007, nous avions révélé le rôle particulièrement suspect joué par le Procureur général près la Cour d’appel de Versailles (circonscription où le corps de Robert Boulin a été retrouvé), Louis-Bruno Chalret, proche du SAC, de Jacques Foccart et de Roger Frey, prévenu de la découverte du corps de Robert Boulin, entre une heure et deux heures du matin, soit bien avant l’heure officielle, 8 h 40.

L’amie intime de ce magistrat très spécial, Marie-Thérèse Guignier, une proche des milieux gaullistes, ancienne collaboratrice de Robert Boulin (Fonction publique, Santé), nous avais confirmé, lors de plusieurs entretiens que Chalret avait immédiatement prévenu les principaux services de l’Etat et l’Elysée grâce au REGIS (Réseau électronique gouvernemental inter-administratif spécial), l’interministériel de l’époque, avant de se rendre sur place, à l’étang Rompu, où le corps de Boulin a été retrouvé, avec une équipe d’hommes de confiance, que Chalret avait alors qualifié de « gendarmes ».

Quelques jours plus tard, le Procureur général confie à son amie : « C’est un truc à emmerdes. On a tout fait minutieusement comme il fallait. J’ai tout surveillé. Rien n’a été laissé au hasard. » « Chalret était l’homme qu’il fallait pour ce genre de choses » , nous explique Marie-Thérèse Guignier.

Ecoutez un extrait de l’un de nos multiples entretiens enregistrés par téléphone puis à son domicile avec Marie-Thérèse Guignier, administratrice judiciaire, où elle raconte le coup de téléphone de Chalret : « Je lui ai dis : « Fais gaffe, traites ça comme un crime. Chalret s’est rendu sur place dans les bois ».

Marie-Thérèse Guignier (1’13″)

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Marie-Thérèse Guignier, aujourd’hui décédée, avait été entendue dans la procédure, le 19 octobre 1984. Elle n’avait alors pas révélé ce qu’elle savait de l’affaire Boulin. Quant à Louis-Bruno Chalret, il est mort le 14 juin 1993, dans un accident de voiture. Il se serait endormi au volant.

 


 

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document

QUAND LE PROCUREUR GENERAL DE L’AFFAIRE BOULIN FAISAIT LIBERER DES TRUANDS


C’est un document explosif jamais entièrement dévoilé jusqu’ici. Dix pages d’écoutes téléphoniques de la Préfecture de police de Paris faisant état de « liens étroits existant » entre l’avocat Pierre Lemarchand, député de l’Yonne dont le nom est cité dans l’affaire Ben Barka, le magistrat Louis-Bruno Chalret qu’on retrouve dans l’affaire Boulin, et « des membres de la pègre ».

Ce document daté du 22 novembre 1966 se conclut ainsi : « La nature des relations entre le député et la pègre est abondamment démontrée : il s’agit d’un trafic d’influence d’autant plus sordide et plus scandaleux qu’il touche le haut banditisme, le plus difficile à maîtriser. »

C’est le Journal du dimanche, le 29 novembre 1981, qui évoque pour la première fois l’existence de ces écoutes, mais de façon partielle, en citant quelques extraits mettant en cause Pierre Lemarchand.

Outre Pierre Lemarchand, ces écoutes mettent en évidence le rôle central joué par le Procureur général, Louis-Bruno Chalret alors détaché auprès du ministère de l’Intérieur dirigé par Roger Frey.

A trois reprises, Chalret est cité directement dans ces écoutes policières :

« Il semble que le « canal » utilisé par le député [Lemarchand] pour obtenir ce brillant résultat [la libération d’un membre de la pègre] ait été, d’une part Monsieur TAUPIGNON, sous-préfet, chef de cabinet de Monsieur le garde des Sceaux [Jean Foyer], d’autre part, Monsieur Louis-Bruno CHALRET, Procureur général, actuellement détaché auprès du Ministre de l’Intérieur en qualité de conseiller technique au cabinet du directeur de la Sûreté nationale. » (p. 4)

« Maître Lemarchand, alerté sans délai [de l’arrestation d’un truand], obtenait au prix d’une intervention faite probablement par le « canal » de MM. CHALRET-TAUPIGNON, la mise en liberté immédiate de PANOUSSIAN et de ses complices. » (p. 6)

« Par ailleurs, dans une conversation en date du 15.6.1965, GUEDJIAN [un truand] expliquait à sa maîtresse que « Pierre » [Lemarchand] avait au téléphone et devant lui « engueulé CHALRET » Il est également question de Monsieur TAUPIGNON. » (p. 9)

 


 

img23467>> Consulter les 10 pages d’écoutes téléphoniques.

Adressées alors au Préfet de police de Paris, Maurice Papon, il n’en tiendra aucun compte…

Pierre Lemarchand est mort en janvier 2009, à 83 ans. Il a toujours nié le moindre lien avec le « milieu », comme dans ses mémoires « Barbouze du général » (Le Cherche-Midi, 2005) : « Affirmation assez ubuesque » , écrit-il, à ce propos. « Belle légende de l’avocat ouvrant grand les portes des prisons aux malfrats » . « C’était plutôt avec la pègre que l’on entendait me faire cousiner ! » , écrit encore Pierre Lemarchand, à l’attention de ses détracteurs, avant d’ajouter : « Seul le mépris peut répondre à de telles insanités. »



témoignage inédit

LUCIEN AIME-BLANC : « LE PROCUREUR CHALRET ETAIT UNE BARBOUZE JUDICIAIRE DES RESEAUX FOCCART »


Commissaire-adjoint de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), première brigade anti-gang de la Préfecture de police de Paris, Lucien Aimé-Blanc révèle avoir, lui aussi, été confronté aux étranges méthodes du Procureur général, Louis-Bruno Chalret : « C’était plus une barbouze qu’un magistrat » , résume l’ex-patron de l’OCRB (Office central de répression du banditisme).

 


 

img23469Lucien Aimé-Blanc revient sur le parcours de Chalret dans les années 1960 auprès du ministre de l’Intérieur, Roger Frey, chargé de la lutte anti-OAS, aux côtés notamment d’Alexandre Sanguinetti (voir plus haut), en liaison avec le SAC et des truands « chargés d’infiltrer l’OAS ».

« Chalret était un personnage central chargé d’organiser les libérations conditionnelles de voyous, explique Luicien Aimé-Blanc. Le contrat était simple : on vous fait sortir de prison, mais vous travaillez pour nous ! »

« Chaque fois qu’on arrêtait des truands [liés au gang des Lyonnais] à la BRI, trois-quatre mois après, ils étaient relâchés, après intervention de Chalret » , ajoute Lucien Aimé-Blanc.

Lucien Aimé-Blanc (4’13″)

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Pour Lucien Aimé-Blanc, Chalret était « l’homme idoine » pour « écraser » l’affaire Boulin et « donner une orientation différente à l’enquête de ce qu’elle aurait dû avoir. »

Lucien Aimé-Blanc (49″)

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Lucien Aimé-Blanc se dit prêt à témoigner devant la justice.



témoignage inédit

JEAN DE LIPKOWSKI FACE A HOMME DU BTP : « BOULIN A CRU QUE C’ETAIT ARRIVE : LE PROBLEME SERA BIENTOT REGLE… ON N’EN ENTENDRA PLUS PARLER ! »


Nous sommes début octobre, trois semaines avant la mort de Robert Boulin.

Michel Mathieu qui travaille pour une grande entreprise du bâtiment rencontre Jean de Lipkowski, ministre de la Coopération en 1976, délégué national du RPR aux relations internationales, à son domicile parisien, rue du bac, pour évoquer avec lui « un grand contrat mêlant des intérêts africains et moyen-orientaux. »

Jean de Lipkowski (mort en septembre 1997) est alors réputé pour « faciliter » l’obtention de certains gros contrats. Face à son interlocuteur, il prend grand soin d’afficher son pouvoir d’influence et sa proximité avec de nombreux hommes politiques de premier plan, dont Jacques Chirac, comme l’explique Michel Mathieu.

Michel Mathieu (2’05’’)

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Soudain, au cours de la discussion, Jean de Lipkowski évoque brusquement l’affaire Boulin [c'est-à-dire à ce moment là : l’exploitation politique par le RPR d’une pseudo-affaire immobilière à Ramatuelle pour tenter de déstabiliser Robert Boulin, ce dernier souhaitant alors répliquer vigoureusement] avec des mots que Michel Mathieu n’a jamais oublié : « Boulin a cru que c’était arrivé. Le problème sera bientôt réglé. On n’en entendra plus parler ! »

Et Jean de Lipkowski propose alors de « boire une coupe de champagne… »

Ecoutez cette scène étonnante racontée par Michel Mathieu. (2’48’’)

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Michel Mathieu, proche de la famille Boulin, répètera les propos de Lipkowski au gendre du ministre, Eric Burgeat, qui les rapportera à son tour à Robert Boulin. Ce dernier ne fera aucun commentaire… Michel Mathieu ne conclura finalement pas son contrat avec Jean de Lipkowski.

Une lettre de Michel Mathieu rapportant cette scène a été versée au dossier Boulin.

Michel Mathieu se dit prêt à témoigner également sur procès-verbal.



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BERTRAND BOULIN : « MON PERE A SORTI DES DOSSIERS SUR ELF, DASSAULT, LA SECURITE SOCIALE ET L’ARABIE SAOUDITE »


En janvier 1984, le fils de Robert Boulin, Bertrand Boulin (mort en mai 2002, à 53 ans, d’une crise cardiaque) déclarait à la presse avoir vu son père, avant sa mort, sortir certains dossiers de son coffre, concernant, Elf aquitaine, Dassault, la Sécurité sociale et l’Arabie Saoudite.

Ecoutez le témoignage de Bertrand Boulin (1’12″)

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>> Lire les déclarations de Bertrand Boulin dans la presse



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JACQUES CHABAN-DELMAS: « L’ASSASSIN, IL EST OU JE LE DIS ! »

 


 

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Ecoutez l’intervention de Jacques Chaban-Delmas le 1er novembre 1979 sur Europe 1.


La veille, Chaban-Delmas avait évoqué à la tribune de l’Assemblée nationale « cet assassinat, qui n’atteint pas seulement Robert Boulin, mais la France et la République. »


Face au journaliste Ivan Levaï, il laisse entendre que « les assassins » se trouvent bien du côté de ceux qui ont tenté de déstabiliser politiquement Boulin… comprenez : certains membres du RPR.

Jacques Chaban-Delmas (3’28″)

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Une déstabilisation politique (à travers une affaire de terrain à Ramatuelle dans laquelle Boulin est la victime d’un escroc) que dénonce alors le chroniqueur politique Philippe Alexandre au micro de RTL le 3 novembre 1979. Ecoutez la chronique de Philippe Alexandre dans laquelle il explique que dès la mi-septembre « des dirigeants du RPR se sont réunis et ont décidé de révéler à la presse » des éléments de l’affaire de Ramatuelle.

Philippe Alexandre (1’06″)

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Quelques jours avant la mort du ministre, Jacques Douté, restaurateur libournais, membre de la Grande loge de France et ami de Boulin, explique avoir eu une conversation téléphonique avec Boulin, dans laquelle ce dernier affirme vouloir se défendre face aux attaques dont il est l’objet et que « tout sera réglé » d’ici la mi-novembre. Selon Jacques Douté, Boulin aurait alors clairement mis en cause le RPR qui aurait « demandé au SAC » de l’ « éliminer ».

Entendu sur procès verbal le 2 septembre 2003, Jacques Douté n’avait pas fait référence à cette petite phrase de Boulin : « J’avais peur », explique

Jacques Douté (22’’)

 

UNE RIVERAINE DE L’ETANG ROMPU: « CE TYPE EST POURSUIVI! »

 

Cette riveraine en octobre 1979 de la forêt de Rambouillet, dont le témoignage n’a jamais été révélé, a beau être presque centenaire, elle ne veut toujours pas apparaître en pleine lumière dans l’affaire Boulin, et donner son identité… même 30 ans après les faits.

Pourtant, le souvenir qu’elle a gardé du lundi 29 octobre 1979, en fin d’après-midi, « vers 17 h 30-18 h » à de quoi intriguer.

Cette habitante à l’époque de la commune de Méré, sur la route de Saint-Leger en Yvelines, en haut de la côte de Montfort-L’Amaury (où Robert Boulin a été vu pour la dernière fois par un témoin, ce même 29 octobre en fin d’après-midi), se souvient parfaitement avoir vu une voiture débouler à toute allure dans son chemin habituellement désert. Le conducteur, dont elle n’a alors pas vu le visage, a demandé son chemin à ses voisins, avant de faire demi-tour dans la précipitation. « On s’est dit, c’est pas possible, ce type est poursuivi ! » , raconte cette retraitée, qui n’a fait le lien avec l’affaire Boulin que le lendemain matin, au moment de la découverte du corps de l’ancien ministre dans l’étang Rompu… située à moins de 5 kilomètres de son domicile.

Ecoutez le témoignage de cette riveraine de la fôret de Rambouillet, recueilli par téléphone. (1’31″)

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Quand Gaston Flosse rencontre Robert Boulin peu de temps avant sa mort

 

Le fait n’était pas caché, mais il est méconnu, même des plus fins connaisseurs du dossier Boulin.

Gaston Flosse, alors député RPR de Polynésie, déjà très proche de Jacques Chirac, est la dernière personnalité politique à avoir rencontré Robert Boulin, avant que ce dernier ne quitte son ministère du Travail, pour son domicile (avec une pile de dossiers qui disparaîtront par la suite), avant de partir, seul, au volant de sa voiture.

>> Voir l’agenda de Robert Boulin, le 30 octobre 1979.

Une rencontre avec le député de Polynésie, Gaston Flosse est prévue à 15 heures.

Etant donné les liens très proches entre Gaston Flosse et Jacques Chirac, cette rencontre avec le député de Polynésie ajoute un parfum de mystère à la disparition de Robert Boulin. Pourquoi le ministre n’a-t-il pas annulé ce rendez-vous avec Flosse, comme il l’avait fait pour les syndicalistes de la CFTC qu’il devait rencontrer dans l’après-midi ?

 

 

« Cet homme déjà résolu a appliquer sa tragique décision »

 

A l’époque, Gaston Flosse donne dans la presse sa version de sa rencontre avec Boulin, comme dans les colonnes de France-Soir :

« Le député de Tahiti se souvient qu’il a trouvé le ministre du Travail quelque peu « nerveux » et qu’il avait même « l’air absent », tout au moins au début de l’entretien, rapporte France-Soir. M. Boulin a ensuite porté un plus grand intérêt aux propos de son interlocuteur concernant les chantiers en Polynésie. Il s’est même étonné de l’importance du chômage dans ce territoire d’outre-mer et a demandé à l’un de ses collaborateurs qu’une « suite immédiate » soit donnée à ces questions. Après vingt minutes, le ministre a raccompagné son visiteur sur le perron. Il paraissait particulièrement pressé au moment de prendre congé. »

 


 

img23478A Paris-Match, Gaston Flosse fait le récit suivant de sa rencontre avec Robert Boulin :

« J’arrive un peu avant 15 heures. Il me fait entrer à 15 h 02, venant lui-même me chercher à la porte. Nous nous asseyons autour d’une petite table ronde. Au départ il me parait un peu distrait. Lui ayant expliqué les raisons de ma visite, il me répond : « Vous n’allez pas me dire, M. le député, qu’il y a du chômage dans les îles ! » Je lui explique qu’il y a 5 à 7000 chômeurs pour 240 000 habitants. Il entre alors dans le vif du sujet.

Il émaille ses réponses de « Il faut absolument faire quelque chose. Je vous aiderai. Je vais trouver une solution… » Après une pause, il poursuit : « Je ne suis pas partisan de la création de caisses de chômage dans ces régions. C’est par la création d’emplois nouveaux qu’on apportera un remède. » Il prend des notes. Il parle avec une certaine passion des solutions à trouver.

L’entretien a duré 15 minutes. La conversation s’est passée sur un mode très naturel. Il y avait de la chaleur dans son ton et il semblait réellement préoccupé de trouver une solution. Il se lève sans précipitation. Je le reverrai toujours un peu penché vers l’avant, boutonnant sa veste. Sur le pas de la porte, je lui ai dit : « Nous aimerions que vous puissiez venir dans nos territoires du Pacifique pour vous rendre compte par vous-même de la situation. » J’ai été étonné parce qu’il n’a pas répondu. Il m’a serré chaleureusement la main. « Au revoir, Monsieur le député. »

Au journal Le Monde (2 novembre 1979), le député RPR de Polynésie indique avoir eu « le triste honneur d’être la dernière personne reçue par M. Boulin rue de Grenelle, lundi [30 octobre] à 15 heures. Cet homme, déjà résolu à appliquer sa tragique décision, a su pourtant marquer de l’intérêt pour les questions dont je l’entretenais », déclare Gaston Flosse.

30 ans plus tard, Gaston Flosse est rattrapé par de multiples dossiers judiciaires, notamment dans l’affaire JPK, du nom de Jean-Pascal Couraud, journaliste d’investigation et opposant politique à Gaston Flosse, disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997.

Ecoutez le magazine « Interception » du 16 décembre 2007, « Des requins en eaux troubles », consacré à l’affaire JPK.

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AFFAIRE BOULIN : DOSSIER TOUJOURS « CLASSIFIE » POUR LA CIA

 

Peu de temps avant la mort de Robert Boulin, un proche de la famille bien introduit auprès de l’administration américaine s’était manifesté auprès d’elle en s’inquiétant de menaces d’assassinat sur le ministre, émanant de la CIA (Central intelligence agency), les services de renseignement américain.

Que pensez d’un tel témoignage ?

Pour en avoir le cœur net, nous avons sollicité la CIA pour consulter les documents relatifs à l’affaire Boulin, en s’appuyant sur le Freedom Information act, une loi américaine de 1966 qui oblige l’administration américaine à transmettre des documents à quiconque en fait le demande, sauf bien sûr s’ils doivent mettre en cause la sécurité nationale.

Le 29 avril 2009, notre demande d’information sur « la mort de Robert Boulin en octobre 1979 » est acceptée.

>> Voir le document

 

Quatre mois plus tard, le 27 août 2009, après examen complets des documents, la CIA donne sa conclusion : impossible de rendre public ses documents qui doivent rester « classifiés ».

 

>> Voir la réponse de la CIA, datée du 27 août 2009.

La Central Intelligence Agency conclue que le dossier concernant la mort de Robert Boulin « est actuellement classifié » et ne peut donc être consulté, en application « des exemptions 1 et 3 du FOIA » [Freedom of information act]

L’exemption n°1 correspond à des documents « classés secrets » ayant des implications en terme de « défense nationale » ou de « politique étrangère » (« classified secret matters or national defense or foreign policy)

>> Consulter les cinq exemptions du Freedom of information act

 

 

archives

ROBERT BOULIN : « IL Y DES CHOSES QUE JE NE PEUX PAS DIRE ICI… »

 


 

img23558Ecoutez Robert Boulin, lors de sa dernière intervention publique, le 21 octobre 1979, au micro du « Club de la presse » d’Europe 1.

Il se défend de toute irrégularité dans l’affaire des terrains de Ramatuelle, et contre-attaque : « J’ai l’âme et la conscience tranquille. J’ai été exemplaire. Et peut-être plus encore que vous ne le pensez. Parce qu’il y a des choses que je ne peux pas dire ici. ».

Robert Boulin (1’14″)

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NICOLAS SARKOZY : « JE N’OUBLIE PAS ROBERT BOULIN… »

 

Le 26 janvier 2007 à Poitiers, en pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, a fait une allusion très claire à la mort de Robert Boulin « victime de la diffamation et du mensonge ». Un message visiblement destiné au camp chiraquien que Nicolas Sarkozy soupçonne d’être à la manœuvre dans la manipulation des listings Clearstream, dans l’ « affaire » du même nom.

Pourtant, en octobre 2007, le Procureur général près la Cour d’appel de Paris (nommé à ce poste en octobre 2006), Laurent Lemesle, ancien conseiller judiciaire de Jacques Chirac à l’Elysée (2002-2004), directeur de cabinet de Dominique Perben, puis de Pascal Clément au ministre de la justice, refuse de rouvrir le dossier Boulin.

>> Consulter les 11 pages de la décision du Procureur général Laurent Lemesle le 16 octobre 2007 estimant qu’ « il n’y a pas lieu de saisir la chambre de l’instruction de réquisitions aux fins de réouverture de l’information judiciaire relative au décès de Robert BOULIN. »

 

>> Ecouter la réaction de Fabienne Boulin, à l’issue de la décision de Laurent Lemesle, recueillie à l’époque par le site Backich.info : « Les Procureurs passent, mais la vérité est inéluctable »

Le même jour, France 3 diffuse un reportage de Joseph Tual dans le 12-13 où l’on entend un extrait inédit de notre entretien avec Raymond Barre : « Nous ne savions pas que le RPR allait assassiner Boulin ! »

 

 

FABIENNE BOULIN : « C’EST UNE VERITE INTERDITE »

 

30 ans après la mort de son père, c’est toujours la thèse du suicide qui prévaut officiellement regrette la fille du ministre, Fabienne Boulin. « La France ne veut pas voir ses turpitudes mais je suis résolue à connaître la vérité… » Fabienne Boulin (1’06’’)

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img23497Fabienne Boulin répond au refus de l’actuel procureur général de la Cour d’appel de paris, Laurent Lemesle de rouvrir le dossier. « Un juge d’instruction est nécessaire », estime la fille du ministre. Fabienne Boulin (2’16’’)

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« Je n’ai pas peur de la vérité. Je ne vois pas pourquoi Nicolas Sarkozy en aurait peur », explique Fabienne Boulin, aujourd’hui représentée par l’avocat Olivier Morice, défenseur notamment de la veuve du juge Borrel et des familles de victimes de l’attentat de Karachi. Fabienne Boulin (2’09’’)

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>> Lire la lettre personnelle qu’avait adressée Fabienne Boulin à Nicolas Sarkozy le 25 juin 2007 :

« Oserez-vous ce qu’aucun de vos prédécesseurs n’a osé : entendre ceux qui veulent faire la vérité sur la mort d’un ministre de notre République ? »

Le 2 novembre 2007, Fabienne Boulin tenait une réunion publique à Libourne, pour mobiliser l’opinion après le refus du Procureur général Laurent Lemesle de rouvrir le dossier et annoncer la création d’une association « Robert Boulin pour la vérité ».

>> Le site de l’association Robert Boulin-Pour la vérité

 

 

décryptage

LES INEXPLICABLES DECALAGES HORAIRES DE LA DECOUVERTE DU CORPS

 

Parmi les éléments nouveaux que nous avions révélés en 2007, figurait notamment le fait que le corps de Robert Boulin avait en réalité été découvert dans la nuit du 29 au 30 octobre 1979, entre une heure et deux heures du matin. Le Premier ministre, Raymond Barre est informé à trois heures du matin. Officiellement, le corps a été retrouvé à 8 h 40, avec un avis de recherche lancé à 6 h 25 du matin. Le Procureur général, lié aux réseaux Foccart, se rend personnellement sur place (voir précédemment). Le Premier ministre lui-même, Raymond Barre est prévenu un peu plus tard dans la nuit.

Ecoutez un extrait de notre entretien avec Raymond Barre

 


 

img23500(Entretien enregistré au dictaphone, la qualité sonore n’est donc pas très bonne) :

« A trois heures du matin, on me téléphone. On me dit : « On vient de découvrir le corps de Monsieur Boulin qui s’est suicidé ».

–Qui est-ce qui vous appelle directement ?

Ecoutez, je ne sais pas. On ne peut pas vivre avec des quantités de détail de ce genre.

–Le responsable de la police ? Christian Bonnet ? Mais non ! C’est mon collaborateur de garde qui est renseigné et qui me téléphone comme il doit me téléphoner surtout quand il s’agit d’un ministre, c’est pas ça qui compte que ça passe par Mr X ou Mr Y : je suis informé à 3 heures du matin !

–Donc à 3 heures du matin vous savez que Robert Boulin est mort, qu’est-ce qu’on vous donne comme élément d’information ?

Rien. On me dit qu’on l’a découvert, et qu’il s’est suicidé. C’est tout. Et après, on va me donner tous les détails. »

Raymond Barre (45″)

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Raymond Barre est mort en août 2007, à 83 ans. Il n’a pas été entendu dans la procédure judiciaire de l’affaire Boulin… « Son état de santé jusqu’à son décès ne permettait pas [son] audition » , a estimé le Procureur général Laurent Lemesle.

Le directeur de cabinet de Robert Boulin, Yann Gaillard, actuel sénateur UMP de l’Aube, explique lui-aussi avoir été prévenu à deux heures du matin de la découverte du corps de Boulin dans le bureau même du directeur de cabinet de Raymond Barre, Philippe Mestre.

Ecoutez un extrait (38 secondes) de notre entretien avec Yann Gaillard. (Entretien enregistré au dictaphone, la qualité sonore est médiocre) « Je suis convoqué à deux heures du matin, en pleine nuit, dans le bureau du directeur de cabinet du Premier ministre [Philippe Mestre] Et mestre me dit : « Vous êtes sûr que votre ministre n’est pas parti à l’étranger ? » Je lui dis : « enfin, écoutez, pourquoi à l’étranger, il n’avait rien à se reprocher », et à ce moment là, le téléphone sonne dans son bureau, il décroche : j’ai eu l’impression que son visage tombait comme un masque. Il dit : « On vient de trouver le corps ! » alors qu’il venait de me dire : « Il est parti à l’étranger » Manifestement, c’est un homme qui était saisi. Il ne s’attendait pas à cet évènement. »

Yann Gaillard, directeur de cabinet de Robert Boulin, actuel sénateur UMP de l’Aube (38″)

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img23544Yann Gaillard raconte également cette scène dans son livre paru en 2000, Adieu Colbert (éditions Christian Bourgois), et la confirme sur procès-verbal, le 1er septembre 2005 : « le 30 octobre 1979 à deux heures du matin, Mr Mestre reçoit un appel téléphonique et son interlocuteur lui apprend que le corps du ministre vient d’être découvert. »

Pourtant, le 15 novembre 2005, Philippe Mestre nie sur procès-verbal la scène décrite par Yann Gaillard, que ce dernier peut pourtant difficilement avoir inventé :

« Mr Gaillard ne s’est jamais retrouvé dans mon bureau le 30 octobre 1979 et ce n’est pas moi qui lui ai appris que le corps venait d’être découvert, déclare Philippe Mestre. En ce qui me concerne, c’est Mr Christian Bonnet, ministre de l’Intérieur, qui m’a téléphoné à mon domicile, au cours de cette nuit du 29 au 30 octobre 1979. Il me fait savoir que Mr Boulin a disparu, que des recherches sont en cours (…)

L’objet de l’appel de Mr Bonnet avait pour but de me faire aviser le Premier ministre, ce que j’ai fais aux premières heures du matin. Par la suit, le corps a été très vite découvert. A aucun moment je ne me suis rendu cette nuit là à Matignon (…) Par contre, si Mr Gaillard a rencontré quelqu’un à Matignon, au cours de cette nuit là, il est possible qu’il se soit trouvé en présence de Mr Raymond Soubie qui, à l’époque, était conseiller des affaires sociales. »

Une version démentie sur procès-verbal, le 4 janvier 2006, par Raymond Soubie, à l’époque conseiller social de Raymond Barre, aujourd’hui conseiller social de Nicolas Sarkozy :

« A deux heures du matin je ne pouvais pas prévenir Yann Gaillard, explique Raymond Soubie aux enquêteurs, puisque j’ai moi-même appris la nouvelle aux alentours de 9 heures du matin. C’est Philippe Mestre lui-même qui m’a appris la nouvelle. »

Aucune confrontation ne sera organisée pour tenter de tirer au clair les dénégations de Philippe Mestre, le directeur de cabinet de Raymond Barre.

Conclusion du Procureur général, Laurent Lemesle : « il n’est pas interdit de penser que l’ancienneté des faits (28 ans désormais) ait fait se confondre dans les mémoires l’heure où les différents acteurs ont reçu l’annonce de la disparition inquiétante de Robert BOULIN et l’heure de l’annonce de la découverte de son cadavre. (…) Tout cela est trop incertain pour constituer un élément nouveau permettant la réouverture de l’information. » (p. 6)

 


 

img23502En réalité, tous les témoignages concordent pour dire que le corps de Robert Boulin a bien été retrouvé vers 2 heures du matin. Il n’y a aucune confusion. Seul Philippe Mestre persiste à dire que tous les autres témoins se trompent. C’est pourtant sur son témoignage que va s’aligner le Procureur général…

Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christian Bonnet, jamais interrogé dans la procédure, nous avais également confirmé avoir été prévenu de la découverte du corps « vers deux heures du matin. », « trois-quatre heures » au plus tard, « en tous cas avant le petit matin. »

Ecoutez un extrait de notre entretien en 2007 avec Christian Bonnet (Entretien enregistré au dictaphone, la qualité sonore est correcte) « C’est mon directeur de cabinet, Mr Paolini [Jean Paolini], qui dans la soirée -minuit était passé- m’a appelé. Il était sur le même palier. Nous nous sommes retrouvés en pyjama, comme à chaque fois qu’on avait des « histoires de nuit ». Il me dit : « Voilà, Boulin a disparu » Immédiatement, on a lancé la PJ sur l’affaire, notamment Maurice Bouvier, qui était DCPJ à l’époque [Directeur central de la police judiciaire], qui était le grand patron. Il était le commissaire qui avait été chargé de faire l’enquête sur le Petit Clamart [l’attentat du Petit-Clamart, contre le Général de Gaulle, le 22 août 1962]. On l’a lâché. Donc les recherches sont lancées immédiatement ? Ah sur le champ, oui. –Parce que dans la procédure l’avis de recherché est lancé à 6 h 25 du matin, en fait elles ont été lancées bien avant ? Bien sûr. Peut-être pensait-on que ce n’était pas la peine d’ébruiter une affaire si c’était une affaire de cornecul ! –A quelle heure vous avez l’information de la mort de Robert Boulin ? Entre deux et trois heures. –Au milieu de la nuit, vous savez que Boulin est mort ? Voilà. J’aurais pu aussi bien dire, entre trois et quatre heures…-En tous cas, avant le petit matin ? Ah oui !Pourquoi l’information n’est pas rendu publique tout de suite ? Pourquoi il faut attendre 8 h 40 pour dire officiellement que le corps est retrouvé ? Alors là… En toute bonne foi, en vous regardant bien dans les yeux, je ne peux pas vous dire. »

Christian Bonnet (1’44″)

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A l’époque, un certain Claude Guéant faisait partie du cabinet de Christian Bonnet, comme « conseiller technique chargé des questions de sécurité ». Il est aujourd’hui secrétaire général de l’Elysée.

 

 

archives

L’AFFAIRE BOULIN SUR FRANCE INTER

 

Ecoutez l’enquête en trois parties que nous avions réalisée le 30 septembre 2002 sur France Inter.

Première partie (durée 2’58″) : où l’on apprend que Robert Boulin était menacé peu avant sa mort.

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Deuxième partie (durée 3’): où l’on apprend que les écrits posthumes attribués à Robert Boulin sont sujets à caution.

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Troisième partie (durée 3’01″): où l’on apprend que Jacques Chaban-Delmas ne croit pas au suicide de Robert Boulin, sans pouvoir le confirmer publiquement.

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Ecoutez l’enquête de 45 minutes que nous avions réalisée le 26 octobre 2003 pour le magazine Interception présenté alors par Simon Tivolle : « Robert Boulin : un homme à abattre », prélude au livre du même nom, paru quatre ans plus tard.

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POUR EN SAVOIR PLUS SUR L’AFFAIRE BOULIN

 

>> Chronologie de l’affaire Boulin

 

>> Les 75 principales anomalies de l’affaire Boulin

 

>> Biographie de Robert Boulin

 


 

img23548>> Principaux éléments nouveaux du livre « Un homme à abattre », paru en avril 2007.

 

 

>> L’enquête de Francis Christophe et Laurent Macabies sur le site de Bakchich.info, sur l’affaire Boulin, 30 ans après.

 

 

>> « Robert Boulin : le suicide était un crime » La contre-enquête de Bernard Nicolas et Michel Despratx, diffusée le 15 janvier 2002 sur Canal + dans l’émission « 90 minutes », qui a permis de relancer l’affaire Boulin.

 

 

>> Le 10 mai 2007, dans le journal de 20 heures de TF1, le journaliste Axel Girard revient dans un reportage d’une durée exceptionnellement longue (près de 7 minutes) sur la mort de Robert Boulin.

 

 

>> L’article de Guillaume Bouchet du 12 mai 2007 sur le site Rue 89 « Pourquoi il faut rouvrir le dossier Boulin ».

 

 

>> Lire l’enquête de Francis Christophe dans le magazine Golias parue en décembre 1999 : « Affaire Boulin : le grand maquillage ». Un travail de longue haleine par l’un des meilleurs connaisseurs du dossier.

 


 

 

Crédits photos

 

Photos © Benoit Collombat

Robert Boulin © DR

Pierre Allia © DR

Jean-Pierre Courtel © DR

Jacques Chaban-Delmas © Regis Duvignau /Reuters

Gaston Flosse © Stringer France / Reuters

Raymond Barre © STR News/Reuters

 

Un conseiller UMP vendéen relance l’affaire Boulin

Pierre Allia (ici aux côtés du député-maire des Sables-d'Olonne, Louis Guédon) a déposé le 24 juillet dernier une plainte auprès du procureur de la République, François Falletti, pour assassinat avec préméditation sur la personne de Fouad Allia.

Pierre Allia (ici aux côtés du député-maire des Sables-d’Olonne, Louis Guédon) a déposé le 24 juillet dernier une plainte auprès du procureur de la République, François Falletti, pour assassinat avec préméditation sur la personne de Fouad Allia.

Pierre Allia, conseiller de la troisième circonscription de Vendée, a déposé plainte auprès du procureur de la République en juillet dernier. Il affirme que son oncle a été tué en 1980 car il aurait eu connaissance d’éléments troublants liés à la mort du ministre de Valéry Giscard d’Estaing, Robert Boulin.

La suite de cet article dans notre édition du jeudi 9 septembre.

 

  •  

     

     

    Tiens, r’voilà du Boulin

    le samedi 21 novembre 2009 à 09:28, ALLIA Pierre a dit :

     

     

    La cour de justice de la république a été saisie le 10 novembre 2009 d’une plainte à l’encontre d’un membre du gouvernement en poste de 1977 à 1981.Une avancée, mais cette juridiction est lente et les hauts fonctionnaires de l’état cités comme témoins dans cette juridiction, font l’objet d’une plainte au pénal.

    Les émissions sur les chaines sont programmées à l’avance mais force de constater que certaines chaines diffusent depuis des reportages sur les services spéciaux et sur de grands flics de l’époque livrés à l’appétence des lecteurs.

    Depuis le 29 octobre 2009 la médiatisation des reportages sur l’affaire Robert BOULIN, les évènements s’accélèrent. L’émission empreintes diffusée sur ARTE vendredi 20 novembre 2009 à 20h40 me laisse perplexe et de l’intime conviction que Robert BROUSSARD ne livre pas tout ce qu’il sait, on le montre sensible, plein d’empathie,certes auréolé d’actions qui ont forgé l’image d’un super flic aux yeux du public.

    Sensible Robert BROUSSARD, triste qui ne regrette rien, prenant le temps de la réflexion sur une question piège mais reste dans la ligne du scénario qu’il s’est fixé, un flic qui a des sentiments et qui livrent des émotions.

    Nous ne pouvons qu’avoir du respect pour ces policiers tombés en service commandé.

    Robert BROUSSARD flic, super flic mais sous la Vème où se rejoignent dans certaines affaires les parallèles du SAC et de la police.

    Robert BROUSSARD ne se reconnait aucune bavure, mais pense t’il à ceux qui ont servi la Vème République et sous ses ordres tombés en service commandité et instrumentalisation des faits par la police.

    Robert BROUSSARD peut il affirmer qu’il a servi avec des états d’âme avec le recul de 30 ans, sur des missions sensibles dont les résultats laissent un goût amer, d’une vision de tableau de chasse.

    De missions dites sensibles où les résultats programmés à l’avance et décidés en haut lieu pour lesquels ces grands flics ont eu carte blanche et qu’il était facile à l’époque avec la collusion de ministres, parlementaires et fonctionnaires en place pendant des décennies de graver sur la stèle de la Vème de d’écrire l’histoire à contre courant, masquant des vérités interdites sous le label « top secret ».

    Mes pensées vont vers ces enfants qui en 1979,198O pour qui le temps s’est figé, accidentés de la vie à qui il a fallu apprendre à marcher, drainant dans leur mémoire ces horribles souvenirs..

    Robert BROUSSARD a t’il eu de la compassion pour ces enfants ? Les a t’il invités à les prendre dans ses bras, ou de leur prendre la main face aux médias, leur promettant de faire toute la vérité sur ces vérités interdites,de ces dossiers que l’ont voulaient définitivement clos.

    Monsieur Robert BROUSSARD j’ai mûri pendant 29 ans,balayant d’un revers de main mauvais souvenirs, spectres du passé et craintes de se faire descendre.Reprendre les faits à contre courant, investigations et preuves à l’appui,ne faisant plus de place au doute dans cet assassinat d’un ministre et exécution deux de vos hommes.

    Du courage et de l’abnégation il en a fallu mais des scénarios sont encore à écrire Monsieur BROUSSARD  » un train peut en cacher un autre »  » Un ALLIA peut en cacher un autre  » Un ALLIA plus déterminé que jamais à vous mettre face à vos responsabilités et manquements.

    De nos jours les lecteurs sont plus perspicaces et cartésiens, doutent et remettent en cause certains faits et affirmations.Remerciements à BAKCHICH.

    Comment peut t’on croiser, saluer des hommes quand on sait que leurs sort est scellés, le jour et l’heure de leur exécution.

    Quelles sont les impressions d’un super « flic » projection dans l’avenir, carrière, honneur car issu de cette promotion Robert BOULIN du 30 octobre 1979.

    Monsieur Robert BOULIN avait vous eu de la compassion pour Michel,Marcel exécutés sur ordre, leur famille, leurs enfants.

    Ces hommes ont servi les intérêt de la FRANCE et vous aurez l’occasion de dire dans les procédures engagées, pourquoi ce banal règlement de compte a été classé top secret.

    Le titre de l’émission empreintes sur ARTE ne révèle pas les empreintes effacées en coulisse aux fins de parapher l’histoire et de nous dire qui a l’époque tenait la plume……

    Pierre ALLIA Conseiller National UMP

    Répondre poliment et sans gros mots

  •  

     

    Affaire Boulin

    le lundi 16 novembre 2009 à 14:21, Francis9 a dit :

     

    http://www.lapetition.be/en-ligne/affaire-boulin-5359.html

    Affaire Boulin

    Répondre poliment et sans gros mots

  •  

     

    Tiens, r’voilà du Boulin

    le jeudi 12 novembre 2009 à 16:49, ALLIA Pierre a dit :

     

     

    Devant la presse à 15h15 Charles PASQUA déclare avoir risqué sa peau pour Jacques CHIRAC ( SAC).

    Faire intervenir la police, sa spécialité. (Légalement ou illégalement ?).

    Des lapsus révélateurs.

    PASQUA a éludé la question d’une journaliste  » êtes vous favorable à la réouverture de l’enquête sur la mort de Robert BOULIN « …………

    Répondre poliment et sans gros mots

  •  

     

    Tiens, r’voilà du Boulin

    le jeudi 12 novembre 2009 à 12:09, ALLIA Pierre a dit :

     

     

    Je précise qu’en denier et quittance je n’ai pas désirer apporter un commentaire et faire réponse à PH3 sur le site arrêt sur image et surtout lire ses inepties…

    Les nouveaux témoignages suffisent à faire taire ce type d’internaute qui ne mesurent pas la gravité des faits, de leurs contextes et des nombreux dommages collatéraux qu’ils ont engendrés.

    Je réitère mon entière confiance en Francis CHRISTOPHE et Benoit COLLOMBAT, nous travaillons de concert depuis plusieurs mois sur ce dossier et je ne permettrai à aucun moment qu’un paltoquet puisse nuire aux possibilités de réouverture de l’enquête.

    Je sollicite de Francis CHRISTOPHE qu’il adresse ces deux droits de réponse à PH3 sur le site concerné.

    Dans ce dossier il y a eu mort d’hommes : Robert BOULIN,Fouad ALLIA, Marcel BEN NACER et bien d’autres..

    Intimidations, pressions, menaces de mort sur des tiers, témoins, hauts fonctionnaires..

    Mandons à PH3 de cesser de rebondir à titre personnel sur ce dossier, interventions narcissiques en recherche d’audimat.

    Nous précisons aux internautes que PH3 n’est pas crédible…et commence nous témoins et parties civiles à nous agacer fortement.

    Répondre poliment et sans gros mots

  •  

     

    Tiens, r’voilà du Boulin

    le jeudi 12 novembre 2009 à 08:44, ALLIA Pierre a dit :

     

     

    Je parcours les blogs et suis interpellé par la pugnacité d’un internaute répondant au pseudo de PH3 sur le site arrêt sur image.De ses attaques inacceptable vis à vis de Francis CHRISTOPHE de bakchich.Cet internaute ne décline pas sa véritable identité et déchaine ses foudres et commentaires obsolètes vis à vis du journaliste.PH3 de ce fait monopolise le site et ses propos décalés voir inacceptables sur le dossier sans objectivité n’apporte rien aux débat de fond.Laissant une impression de conflit de personnes. Sous peine que Francis CHRISTOPHE veuille faire passer ses idées, vendre du papier sans avoir eu à payer un denier pour donner livrer ses impressions. Cher Monsieur PH3 depuis 29 ans je vis dans l’ombre avec une tentative d’assassinat dans ce dossier, les seules personnes fiables à qui ont eu en prime de mes informations ceux sont :Fabienne BOULIN, Francis CHRISTOPHE,Benoit COLLOMLBAT de précieux alliés. Je n’ai pas d’avocat et assure seul ma défense dans ce dossier sensible avec l’appui de ces trois personnes de confiance. Monsieur PH3 il y a d’autres blogs où vous avez l’occasion d’exercer votre défroque journalistique, mais vous ne pouvez vous permettre de tels écarts, à décharge votre méconnaissance du dossier.

    Nous parties civiles avons besoin de connaître la vérité et de faire notre deuil et je ne vous permet pas d’attaquer les compétences de journalistes qui travaillent sur ce dossier.

    Un peu de respect pour les hommes qui ont servi la FRANCE, nous n’avons nul besoin d’aboyeurs.. Le 12 novembre 1980 été exécuté Fouad ALLIA il y a 29 ans.

    La ligue des droits de l’homme a été saisie, également SOS racisme dans ce dossier le 12/11/09

  • Commentaires

     

     

     

    Je confirme qu’en tant que témoin dansce dossier, mon oncle qui travailait sous les ordres de Marcel LECLERC et Robert BROUSSARD a été témoin de l’assassinat du ministre.
    Mon oncle a été assassiné le 12 novembre 1980, giscard sachant qu’il ne passerait pas aux élections de 81, une vague d’épuration a eu lieu.Concernant l’assassinat de fouad ALLIA le dossier a été classé top secret, j’ai moi même échappé à une tentative d’assassinat.Radié de la police dans une procédure irrégulière j’ai demandé ma réintégration, mais la difficulté était de s’adresser aux personnes concernées par ce dossier sensible.Le tribunal a acté ma requête et l’affaire a été évoquée récement ainsi que l’affaire boulin.J’adresse une plainte avec constitution de partie civile au procureur général LEMESLE ainsi qu’une demande de réouverture de l’instruction;contre giscard destaing, christian bonnet, jacques chirac, claude gueant,charles pasqua,maurice lambert, marcel leclerc, robertt broussard: pour assassinat avec préméditation de fouad allia, tentative d’assassinat sur ma personne inhérente à la connaissance des faits .

    Cordialement

    Pierre ALLIA
    Conseiller National ump
    3eme circonscription de VENDEE

    Commentaire n°1 posté par allia pierre le 27/10/2009 à 07h42

     

     

    Adresse de la pétition : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=5359

    Pétition : Affaire Boulin

    Je ne suis qu’un simple citoyen mais attentif à la vie politique.
    La lecture sur le site de France Inter du dossier de Monsieur Benoit Collombat:

    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=1004

    concernant « l’affaire Boulin » me fait craindre que à nouveau cette affaire des plus sombres ne soit encore passée par perte et profit de la république!
    Pour que soient enfin entendus tous les témoins (encore vivants!) de cette affaire et que soit rétablie la mémoire de Monsieur Boulin.

    Commentaire n°2 posté par Francis le 27/10/2009 à 17h23

     

     

    Depuis trois décennies, la Vème République est devenue un totalitarisme mafieux :

     

    http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/

     

    Et certains dirigeants plus monstrueux que les autres n’ont pas hésité à éliminer quelques gêneurs comme Robert Boulin et Pierre Bérégovoy pour accéder au pouvoir, s’y maintenir, ou pour se constituer des fortunes colossales.

     

    Capitaine Haddock

    Commentaire n°3 posté par Jean-Charles Duboc le 28/10/2009 à 11h39

    Laurence Vichnievsky, la fossoyeuse de Boulin

    Vers / lundi 23 novembre 2009 par Francis Christophe

     

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